
Pierre Amourette, Les Vierges follesVierges sages, vierges folles. Amourette nous livre la douleur de ces vierges hurlantes et vociférantes. Sont-elles pour autant des femmes souffrantes d’un enfantement qui ne finit pas, confrontées à la vie, à la peur, à la mort. Pierre Amourette, dont on connaît le monde baroque, ne laisse jamais indifférent. Autodidacte secret et pudique, il travaille dans son atelier installé dans le Perche où il est éducateur. C’est dire s’il est à l’écoute des pulsions et des blessures comme des émerveillements.Silence et aveux nourrissent sa démarche. Sa maîtrise du modelage simule l’improvisation où la pensée le dispute à l’instinct. Il tortue la terre, débusque les formes d’une genèse qui n’en finit pas de se livrer, ivre lui-même des ressources offertes par la matière. Ses doigts la pétrissent avec rage. Du limon originel, il extrait la sève, arrache le souffle de la vie. Puis il confie au feu, à trois reprises, ces pièces modelées dans l’urgence. Trois cuissons métamorphosant ces figures, leur donnent leurs lettres de noblesse. Les glaçures, vertes, bleues, lie-de-vin, les habillent d’une grâce inattendue. Les Vierges en majesté d’hier sont aujourd’hui distancées par ces Mater Dolorosa. Elles émergent d’un bouillonnement de plis, de crevasses vestimentaires accumulées comme les pétales flétris d’un bouquet dont les couleurs s’écoulent dans un dernier sursaut de beauté. Des mains déformées étreignent un Jésus insupportable, tandis qu’une bouche démesurée s’ouvre sur un cri silencieux dans un visage de Méduse. Dans Amourette, il y a amour. C’est ce que nous donnent ses Piétas. Lydia Harambourg![]() L’instigateur de cette fête était l’éducateur Pierre Amourette, le bien nommé, car amoureux de la vie, de ses enfants, passionné par son dur métier, un grand et chaleureux monsieur. Ce que Pierre ne m’avait pas dit, c’est que, outre sa plantation gigantesque de bonzaïs, son sublime petit voilier, construit de ses mains, il était aussi passionné par la sculpture. Dès notre première rencontre pourtant, une œuvre, posée sur le buffet de la salle à manger, avait attiré mon regard, j’avais imaginé qu’il s’agissait d’une terre cuite XVIIIe, sortie tout droit d’une de ces églises … antiquaire … A ma question “qu’est ce ?”, il répondit “C’est moi qui l’ai fait …”. Lors de la naissance de ma fille Louise, il y a six mois, Pierre est venu à Paris, avec, dans un carton, une maternité de rêve : une Vierge en majesté (Moi ? ! ? !), l’enfant souriant (ça … sculpture de Jephan de Villiers lovée dans la main droite de la Vierge. Du bonheur, du bonheur et encore du bonheur, “Pierre, je vous expose quand ? ? ?” Il est retourné à Nogent le Rotrou où depuis il n’a eu de cesse de travailler et d’élaborer des “statues”, comme il dit, des morceaux de rêve et de bonheur à l’état pur … Si l’exposition marche, et cela ne fait aucun doute, il pourra s’acheter un four … B. S. |

Expositions
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