Sabrina Gruss

Sabrina Gruss  Sabrina Gruss est née à Paris en 1958. Artiste plasticienne, travaille depuis 1981 dans les quartiers dits “sensibles”, ainsi qu’en milieu psychiatrique et carcéral. Son travail personnel se développe autour d’une recherche sur l’identité, la mémoire et la trace.
Elle intervient également dans la direction artistique d’expositions, plus particulièrement pour le festival d’Avignon en 1990, “Le Ramayana”, et en 1991, “Ces empereurs aux ombrelles trouées” ainsi que dans la conception et réalisation de fontaines, aires de jeux, peintures murales, intégrées au paysage urbain, la création d’affiches et de décors pour le théâtre, dont la Rencontre Internationale Théâtres Banlieues.
 
Cette arpenteuse de garrigue et autres décharges sauvages, s’improvise quotidiennement archéologue et fouille sous bois et tas de rouille. Sabrina Gruss y cultive son jardin intérieur et creuse son imaginaire. Elle ne cherche pas, elle trouve, des petits crânes de piafs ou des vieux verrous qui, entre ses mains d’alchimiste, ouvrent des portes vers l’ailleurs.

Son activité de glaneuse s’apparente à une quête d’identité et à une cynégétique mystique. Un je(u) de foi qui traque la mémoire et la trace pour récolter au fond de son tamis d’orpailleur, davantage que des sculptures, des créatures à fantasmes.

Sabrina Gruss lèche les plaies d’un horizon en jachère, ressasse les liturgies d’aubes épuisées. Face à tout ce bestiaire révélé qui tressaute entre les tempes d’un lyrisme à la cisaille, son souffle original tient tête aux tatouages de l’ennui et aux fissures de l’enfance. “Si un jour tu vois qu’une pierre te sourit, iras-tu le dire ?” Interroge Guillevic. A sa façon sa création est un début de réponse.

René Diez


A cause du chien qui chante.

Et aussi du soir qui tombe là haut sur le plateau.

A cause de cette silhouette qui se courbe, et gratte et renifle la terre et ses entrebâillements, la mousse et le limon fait de racines et d’alluvions A cause de ces linceuls argileux où nichent les os blanchis de l’oiseau.

Grâce au silence aussi.

Silence que brise le levant, quand le vert se conjuguant au blême redonne à la terre cette pulsation et qu’elle s’en saisit.

Rien n’est furtif dans cette rencontre, Sabrina entremet le vibrant, pactise avec le déchirant.

Cette bouleversante insolence veine ses créatures de terre.

Supplique de la femme figée qui rayonne ou facétie de ce vieillard lacéré de dérision, paré de crin de chanvre et d’écorce.

Rien n’est indifférence.

La brutalité reste douce de cette main génitrice qui court sur la terre amollie, l’os alors se ré articule et le mouvement devient création. Etranges épousailles où le jadis vivant est réinventé pour le regard. Ses créatures pétries d’attente qu’elle donne à voir sont autant de paysages qui sont rendus à la lumière.

Cette peuplade là caresse le rat, et bouleverse l’innocence.

Parce que sur le plateau couronné d’Alpilles, au milieu des arbres, sa silhouette projette une ombre magique.

La vieille chienne chante.

Alors ..   elle sculpte

Francine Barois

Expositions récentes
1997   “Reflets de l’art actuel”, Galerie “The minoteries”,
            Colchester

            Médiathèque Ceccano, Avignon

1998   Espace Gaillane, Avignon

1999   “Parcours de l’Art”, Avignon

            Installation “l’absent”, Hôpital psychiatrique de
            Montfavet, Avignon

2000   “Imaginaire”, Galerie les teinturiers (Geneviève
            Favre), Avignon

            “Facteurs d’art singulier”, Le Grand Serre

2001   “Petit inventaire des sous-bois”, Galerie Béatrice
            Soulié, Paris

            “Tout’Art hors normes”, Galerie Geneviève Favre,
            Avignon

            “Les récalcitrants”, Galerie les teinturiers (Geneviève
            Favre), Avignon

2002   “Stephan Fromm et ses invités”, Galerie Akwaaba,
            Sucy-en-Brie

            7° Festival d’Art Singulier, Roquevaire

            Exposition de groupe, Galerie Béatrice Soulié,
            Paris

            “Petit Format - grands desseins”, Galerie Geneviève
            Favre, Avignon

2003   Galerie Jakez, Pont-Aven

            “Au-delà du Corps”, Centre culturel Jacques Prévert,
            Aixe sur Vienne

            “De quoi se mêlent-ils ?”, Musée de Romans,
            Romans

            “Les Récalcitrants”, Galerie Geneviève Favre,
            Avignon

            “Cabinet de curiosités”, Galerie Béatrice Soulié,
            Paris

2004   5ème Festival d’Art Singulier, Banne, Ardèche

            “Le Pluriel des Singuliers”, Espace 13, Galerie d’Art
            du Conseil Général des Bouches-du-Rhône, Aix-en-
            Provence

            “Au Nom du Rat”, Galerie du Rat Mort, Ostende

            “Une lueur d’humour”, Galerie du Rat Mort, Ostende

2005   Galerie Matara, Marseille

            “Défunts animés”, Galerie Béatrice Soulié, Paris

            “Portraits de Famille”, Centre Culturel Aragon,
            Oyonnax

            Galerie Jakez, Pont-Aven

2006   Galerie du Rat Mort, Ostende

            Musée d’histoire naturelle, Avignon

            “Collages d’artistes”, Librairie Nicaise, Paris

2007   “Les primitifs contemporains”, Galerie Richard
            Nicolet, Coustellet

            “Humour Noir”, Galerie 100 Titres, Bruxelles; Maison
            de la Culture, Tournai; Centre Culturel de Spa,
            Belgique

            Galerie Patrick Nelissen, Baarn, Pays-Bas

            “Cadavres exquis”, Galerie Béatrice Soulié, Paris

            Les Elysées de l’art, Paris - Galerie Béatrice Soulié

            Linéart Gand - Galerie Richard Nicolet

2008   “Difficult Friendship”, Art Council of England

            Galerie Jakez, Pontaven

            Biennale internationale d'art singulier d'Aubagne
Principales installations
Parmi de nombreuses expositions, une participation régulière
à l’Exposition Internationale de Peintures Urbaines :
Explosition”, au cours du Festival d’Avignon en 1988, 1989,
1990 et 1992

1987   “Introspection” pour les Rencontres Internationales de
            la Photographie, Arles

1988   “Danse écritures”, Théâtre des Halles

1991   “Apocalypse”, Festival d’Avignon

1992 et 1993   “Les Oniriques et Les Faunes”, Salon
            Sculptura à Courthezon

1993   “L’oracle”, pour “Mystère et Intemporel” dans les
            carrières de la Cathédrale d’images des Baux de
            Provence

1995   “Une ferme, un château, des Artistes”, Château
            Malijay, Jonquières