Séverine Gambier

 Séverine Gambier est née à Paris en 1956. Elle est véritablement peintre mais s’adonne aussi avec bonheur et patience à la mosaïque. De fait, il lui arrive de faire des œuvres combinant les deux aspects de son talent.

C’est pourquoi, lors de son exposition dans la galerie, nous recréons totalement son monde avec ses meubles recouverts de mosaïque, tables, chaises, ses bas-reliefs, ses tableaux et dessins, mais aussi ses lampes, ses vases, ses bijoux, un monde vous dit-on, le sien …
 
Depuis la fenêtre de mon bureau, jusqu’à tard dans la nuit, je vois une sourde lumière jaune dans l’atelier de ma voisine. Je pense au fanal bleu de Colette ou au carreau éclairé de l’hôtel Biron qui intriguait Cocteau et dont il apprit que c’était la lampe d’un jeune poète Praguois, Rainer-Maria Rilke.

Ces petites lumières des mansardes ou des ateliers interrogent ceux qui se soucient des destinées inconnues, appliquées à leurs travaux poursuivis dans le calme propice des nuits, souvent par obligation plus que par choix. Ainsi, notre curiosité devient-elle presque une inquiétude, une sollicitude qui s’appliquerait à l’ensemble du monde des travailleurs. Ces discrets éclairages disent à la fois la solitude et l’espérance de tous ceux dont ils illuminent la page blanche, le chevalet, l’établi …
Ce n’est que longtemps après mes premières observations que je pus admirer ce à quoi s’appliquait tant ma jolie voisine : rien de moins que la minutieuse reconstitution d’un monde. Des paysages, des couleurs, des sentiments surtout, faits de particules, d’éclats, de fragments assemblés, comme la fixation des images d’un de ces émerveillants kaléidoscopes de nos enfances dont on ne parvenait plus à détacher l’œil.

Mais la seule joliesse de ces objets ne serait rien si ces créations n’étaient dues qu’à la patience et la dextérité alliées : elles matérialisent le monde rêvé par Séverine. La jeune femme devient une voyante fascinée par sa boule de cristal qui lui dicte ses visions. Comme Narcisse, penché sur la profondeur d’un puits, elle épie le sombre miroitement des eaux chargées de dons et de maléfices. Elle s’échappe de la fascination pour s’acharner sur le charme. Alors, elle rompt, lime, sertit, assemble, fixe ses bribes de matériaux et paillettes de couleurs qui deviennent écailles de son âme. La vision se précise, devient dialogue, doute, assentiment, lutte, bénédiction, enfin !

Dans cette attention, cette tension, cette solitude, une œuvre est née. L’œuvre véritable d’une artiste. Le message est passé. C’est encore avec gratitude et humilité que Séverine offre à notre joie sa délivrance.

Jean Clausel

Expositions
1988-89   Galerie Caroline Corre, Paris

1993   Fondation Van Gogh, Anvers sur Oise

1998-2001   A L’atelier, Paris

2003   A La Bonne Renommée, Paris

2004   “Pavane pour les simples”, Galerie Béatrice
           Soulié, Paris

2005   “F., jours après jours…”, Galerie Béatrice
           Soulié, Paris

2006   “Minéral II”, Caroline Corre, Verderonne

           “F., jours après jours…dans les murs”,
           à l’atelier

2007   “100% Récup”, Espace Gainville, Aulnay-
           sous-Bois
Télévision et radio
1997   “De la cave au grenier”, TEVA

1998   “20h”, Paris Première

2001   “Thé ou café”, France 2

2004   “Portraits sensibles”, Kriss, France-Inter
Pièces uniques pour
A La Bonne Renommée, Paris

Boutique Nathalie Garçon, Paris

Lio, dans “Lio chante Prévert”, mise en scène
Caroline Loeb